Avant de quitter ce monde, Jésus confie ceux qu’il aime. Il les remet entre les mains du Père, comme on dépose un trésor précieux. Il sait leurs fragilités, leurs peurs, leurs nuits. Il sait qu’ils devront avancer dans la foi sans sa présence visible, dans cette étrange expérience de « présence - absence » du Ressuscité. Alors il prie. Il demande que le Père les garde, les sanctifie, les unifie.
Ce qui bouleverse, c’est que cette prière n’est pas enfermée dans le passé. Parce que Jésus est Dieu, sa prière demeure vivante. Elle traverse les siècles, elle franchit nos résistances, elle rejoint nos propres chemins. Nous ne sommes pas spectateurs de Jean 17 : nous en sommes les destinataires. Quand Jésus dit : « Je prie pour eux », il pense à chacun de nous. Quand il demande : « Qu’ils soient un », il porte nos divisions et nos blessures.
Au coeur de cette prière, Jésus demande pour nous la vie éternelle : connaître le Père, entrer dans sa lumière, demeurer dans son amour. Il demande aussi l’unité, non comme un idéal abstrait, mais comme un signe pour le monde. Une Église unie parle de Dieu avec vérité ; une Église divisée peine à refléter sa lumière.
Jean 17 n’est pas un texte à analyser, mais un lieu où se tenir. Un espace où laisser résonner la voix du Christ qui nous confie au Père. Une invitation à marcher dans la paix de Celui qui, aujourd’hui encore, prie pour nous.
Père Éric-Félix KAZADI, vicaire
Crédit photo : Hans_Hofer (Pixabay)









