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« Simon, m’aimes-tu ? »

Jésus ressuscité posera à trois reprises la question suivante à Simon Pierre : m’aimes-tu ? Bien des commentaires ont fait le lien entre le triple reniement de Pierre et le triple questionnement de Jésus à son disciple.

Lors de la Passion du Christ, le disciple avait renié son maître à trois reprises. La tristesse avait envahi son cœur et il avait pleuré amèrement (Lc 22, 62). Après sa Résurrection, le divin Seigneur, dans sa bonté infinie, le retrouve dans un dialogue cœur à cœur.

Il lui demande à trois reprises : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? ». Comme après son troisième reniement, Pierre sera peiné et attristé à la troisième question que Jésus lui pose. C’est dans cette circonstance qu’il reçoit de la part de son Seigneur la charge de pasteur. « Pais mes brebis », lui dira-t-il.

En saint Pierre nous pouvons découvrir une belle image de l’homme qui, malgré ses imperfections et ses faiblesses, ne se lasse pas de désirer le Seigneur. Il ne se laisse pas emporter par le désespoir. Sa contrition, quand il pleura amèrement, lui permit de rester dans le groupe des apôtres. Au bord du lac de Tibériade, il répond à Jésus en tenant compte de son expérience douloureuse dans laquelle il a réalisé qu’il n’a pas pu témoigner pour son maître d’un amour inconditionnel mais seulement de cet amour si pauvre, peureux et brinquebalant. Il exprime sincèrement ce qu’il est en se laissant ainsi rejoindre par le Seigneur qui élève les humbles.

L’amour de Dieu est plus fort que nos faiblesses. Il choisit chacun de nous et nous envoie travailler dans sa moisson suivant les états de vie auxquels nous avons été appelés. Il connaît nos faiblesses et nos limites. Offrons-lui nos coeurs souffrant de carence d’amour. Offrons-lui aussi tout ce qui, en nous, fait obstacle d’amour concret pour Dieu et pour le prochain. Surtout, offrons-lui notre désir de grandir dans son amour car il connaît notre manière imparfaite de l’aimer.

Père Éric-Félix Kazadi, vicaire

Crédit photo : Jonathan Borba (Pexels)