Dans l’Évangile de Jean, Jésus se définit littéralement comme le “beau berger”. Pour connaître cette beauté, les yeux du corps ou les critères esthétiques ne suffisent pas : il faut la contemplation et l’intériorité. (…) Et le plus extraordinaire, c’est qu’en devenant ses disciples, nous devenons à notre tour “beaux” : sa beauté nous transfigure. (...) En effet, outre la bonté, ce qui distingue les saints, c’est la beauté spirituelle lumineuse qui rayonne de ceux qui vivent en Christ. Ainsi, la vocation chrétienne se révèle dans toute sa profondeur : participer à sa vie, partager sa mission, rayonner de sa propre beauté.
Cette communication intérieure de vie, de foi et de sens fut aussi l’expérience de saint Augustin qui, dans le troisième livre des Confessions, tout en déclarant et en confessant ses péchés et ses erreurs de jeunesse, reconnaît Dieu « plus intime que toute mon intimité ». (...) Augustin perçoit la présence de Dieu au plus profond de son âme, ce qui implique d’avoir compris et vécu l’importance de prendre soin de son intériorité comme espace de relation avec Jésus, comme moyen d’expérimenter la beauté et la bonté de Dieu dans sa propre vie. Cette relation se construit dans la prière et le silence et, si elle est cultivée, elle nous ouvre à la possibilité d’accueillir et de vivre le don de la vocation, qui n’est jamais une imposition, mais un projet d’amour et de bonheur. Le soin de l’intériorité : c’est de là qu’il est urgent de repartir dans la pastorale des vocations. (...)
Toute vocation ne peut que commencer par la conscience et l’expérience d’un Dieu qui est Amour. Cette connaissance, cependant, doit toujours être réciproque : nous sommes invités à connaître Dieu à travers la prière, l’écoute de la Parole, les sacrements et le don de soi à nos frères et sœurs. Il ne s’agit pas d’un savoir intellectuel abstrait, mais d’une rencontre personnelle qui transforme la vie. « Ne sors pas de toi-même, reviens à toi-même, la Vérité habite dans l’homme intérieur ». Saint Augustin nous rappelle encore combien il est important d’apprendre à s’arrêter pour pouvoir écouter la voix de Jésus-Christ. (...)
Chers jeunes, écoutez cette voix ! Arrêtez-vous pour l’adoration eucharistique, méditez assidûment la Parole de Dieu. De cette manière, vous découvrirez comment vous donner vous-mêmes, dans la voie du mariage, ou du sacerdoce, ou dans la vie consacrée : chaque vocation est un don immense pour l’Église et pour celui qui l’accueille avec joie. (...)
La vocation n’est pas un objectif statique, mais un processus dynamique de maturation. Comme la vigne et les sarments, toute notre existence doit s’établir dans un lien fort et essentiel avec le Seigneur. Comme il est précieux d’avoir un guide spirituel sûr qui accompagne la découverte et le développement de notre vocation ! Cela nous permet de comprendre que rien n’est le fruit d’un chaos privé de sens, mais que tout peut être intégré sur un chemin de réponse au Seigneur qui a un plan magnifique pour nous. (...)
Arrêtez-vous, écoutez, confiez-vous : de cette manière, le don de votre vocation mûrira, vous rendra heureux et portera des fruits abondants pour l’Église et pour le monde. Que la Vierge Marie vous accompagne toujours sur ce chemin !
Père Jean-Luc PAPET, curé
Crédit photo : Edgar Beltrán, The Pillar (Creative Commons)









