Cette lumière n’est pas donnée pour les retenir au sommet. Elle n’est pas un refuge pour fuir le monde. Elle est une force pour descendre. Car la gloire du Christ passe par la croix, et la route de la croix se parcourt dans la poussière du quotidien. Jésus ne garde pas Pierre, Jacques et Jean dans l’extase : il les renvoie vers la vallée, là où l’homme souffre, là où l’on doute, là où l’on tombe. C’est là que la lumière doit briller. C’est là que la Parole doit être portée.
Jésus veut faire de ses apôtres des tables vivantes où Dieu inscrit son amour. Leur vie, leurs gestes, leurs combats, leurs fidélités silencieuses deviendraient un Évangile offert au monde. Ainsi prendront-ils leur part des souffrances liées à l’annonce de l’Évangile. Ils comprendront que l’appel du Christ à le suivre les conduira à quitter leurs conforts et leurs sécurités. Il leur sera donné la sagesse d’en haut, qui leur fera relire avec une lumière nouvelle l’appel d’Abraham, invité à tout quitter pour s’avancer vers l’inconnu. Ce chemin n’est pas seulement le leur : il est aussi le nôtre.
Il arrive que Dieu nous conduise, nous aussi, sur une montagne intérieure. Un moment de paix, une prière qui éclaire, une parole qui touche, une présence qui réchauffe. Mais ce n’est jamais pour nous y installer. C’est pour nous envoyer. Pour que, dans nos familles, nos lieux de travail, nos fragilités, nous devenions des témoins de sa lumière.
Le Carême est ce temps où le Seigneur nous prend par la main pour nous élever un instant vers lui, afin que nous puissions mieux marcher ensuite dans la plaine. Il nous montre son Fils bien aimé, non pour nous éblouir, mais pour nous apprendre à l’écouter. Il nous révèle la gloire à venir, non pour nous distraire, mais pour nous fortifier dans les épreuves qui façonnent notre cœur.
Père Éric-Félix KAZADI, vicaire








