En relisant attentivement cette parabole, nous pouvons constater qu’il y a beaucoup de non-dits. Par exemple ‘‘la petite mention’’ qui dit : « Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare ». Il y a ici une indication de taille qui laisse entrevoir que le riche dans sa vie quotidienne franchissait son portail soit en sortant soit en revenant. Il aura certainement vu ce pauvre affamé, couvert d’ulcères et gisant devant son portail. Qu’a-t-il fait en le voyant ? S’est-il comporté comme le lévite et le prêtre de la parabole dite du bon Samaritain, ou s’est-il fait le prochain de ce pauvre malheureux ?
Heureux qui pense au pauvre et au faible, le Seigneur le sauve au jour du malheur, nous dit le Psalmiste. Mais le pauvre, qui est-il vraiment ? Dans la personne du pauvre, c’est le visage du Christ qui nous est présenté. Saint Vincent de Paul, l’ayant si bien expérimenté, a pu dire que « les pauvres sont nos maîtres ». Le pauvre Lazare : c’est Jésus lui-même frappant à la porte du cœur de l’homme riche. Mais ce dernier, aveuglé par l’autosuffisance de ses richesses, ne l’a ni vu, ni entendu, ni accueilli.
De même, au temps du prophète Amos, le pauvre est écrasé, acheté pour peu d’argent et vendu pour une paire de sandales. Parmi ceux qui oppriment les pauvres, ou qui détournent leur regard pour ne pas leur porter assistance, il y en a qui vivent tranquillement à Sion (et qui vont prier au temple de Jérusalem) ou qui se croient en sécurité à Samarie (et qui vont adorer Yahvé au Mont Garizim). Malheureux ceux qui, comme eux, se réfugient dans une pratique religieuse dépourvue d’amour sincère du prochain et qui trouvent leur consolation dans ce qu’ils possèdent.
Père Éric-Félix KAZADI, vicaire
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