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Joie !

Le quatrième dimanche du Carême est dit de « Laetare » provenant de l’antienne grégorienne d’ouverture de la messe : « Réjouis-toi, Jérusalem ; vous tous qui l’aimez, rassemblez-vous. Jubilez de sa joie, vous qui étiez dans la tristesse. »

Nous sommes ainsi invités déjà à entrevoir la joie de la résurrection du Christ à Pâques.

En cette messe, on utilise la couleur rose, le son des instruments est admis et l’autel peut être orné de fleurs. Cette mention désigne le caractère de pause au milieu du Carême.

Nous y réentendons le chapitre 9 de l’évangile selon saint Jean dans son intégralité. Jésus rencontre, puis guérit, un aveugle de naissance. Il apporte la lumière à celui qui, depuis toujours, vivait dans les ténèbres. Déjà le Prologue de cet évangile présentait Jésus, le Verbe, comme la Vie et la Lumière des hommes. La semaine prochaine, avec la résurrection de Lazare nous verrons que Jésus est la vie des hommes.

Aujourd’hui, nous Le contemplons comme « la lumière véritable qui illumine tout homme ». Mais nous constatons également dans cet évangile comme dans notre monde contemporain, que cette lumière est parfois rejetée, souvent refusée et qu’on lui préfère les ténèbres ou la grisaille. Mystère de la présence du mal en notre monde dont la réaction des Pharisiens face au miracle et au miraculé est emblématique. Ils refusent de voir l’évidence et ferment sciemment leurs yeux à la lumière.

Dans cet évangile, les nombreux personnages adoptent des positions diverses par leurs réactions. Où nous situons-nous ?

Sommes-nous comme les voisins de cet homme qui ne prennent pas trop position par manque d’intérêt véritable ? Ou comme les parents de cet aveugle qui, au fond d’eux-mêmes sont convaincus de l’intervention divine mais qui, par peur, n’osent pas s’engager, donc croire en Jésus.

Nous pouvons également ressembler aux Pharisiens, s’enfermant dans leur certitude, ne pouvant plus être surpris de rien ni être étonné par Dieu même. Ils refusent, excluent, condamnent celui qui a pourtant bénéficié de la tendresse et de la puissance de Dieu. C’est le comble de l’absurde !

Ressemblons plutôt, bien sûr, à l’aveugle-né qui, pas à pas, accède à la foi, à la confiance absolue en Jésus. C’est l’attitude de notre catéchumène Théo qui s’avance ce dimanche pour le deuxième scrutin. C’est l’attitude de Madeleine, Cloé, Johanna, Vivienne, Raphaëlle, Liza, Nicolas, Anderson, Adélaïde, Esther, Isaline, Audrey Ann, Raphaël, Lucas et Sasha qui ont reçu avec foi et émotion le sacrement de réconciliation pour la première fois mardi dernier.

Au milieu de notre Carême, laissons le Christ nous envahir de sa lumière, de sa grâce et de son pardon dans notre marche vers Pâques.

Père Jean-Luc Papet, curé

Crédit photo : John Arellano Riera (Pexels)