Avant Jésus Christ, les commandements de Moïse avaient été réduits à une sorte de règlement d’ordre intérieur dans la vie sociale et religieuse du peuple élu. Ils avaient été l’objet des interprétations qui avaient conduit à des conceptions erronées. Par exemple : les commandements divins étaient perçus comme un bouclier contre le courroux du ciel, la stricte observance de la torah était comme une dette dont il fallait s’acquitter pour vivre en paix avec un Dieu qui punit le moindre écart de comportement, etc.
Pour certains, la pratique de la Loi était un lourd fardeau. Pour d’autres, à l’instar des scribes et des pharisiens, la religion avait pris le dessus sur la foi. La recherche de la vraie sainteté était en décadence, laissant libre court à "la sainteté en apparence" qui supplantait les intentions réelles du cœur. Ce qui avait favorisé la montée de l’hypocrisie nourrie par des interprétations multiples et parfois trop humaines de la Loi de Moïse. La conséquence est tout simplement déplorable : ils se sont égarés en entrainant avec eux leurs adeptes !
Comme l’humanité faisait fausse route, Jésus vient réapprendre aux hommes à recevoir la Loi de Dieu non comme une série d’obligations et d’interdictions par lesquelles échapper à la colère de Dieu ; mais comme un cadeau d’amour de la part du créateur dont la substance fondamentale demeure dans l’Amour de Dieu et du Prochain. "Il a été dit (…) Et moi, je vous dis" : par cette formule, le Christ se révèle comme l’envoyé du Père qui ne vient pas seulement accomplir la prophétie. Il donne aussi son vrai sens à la loi qu’il élève à sa perfection radicale et lui redonne sa simplicité originelle. Le bonheur se trouve dans l’amour et non dans la peur du châtiment.
Père Éric-Félix KAZADI, vicaire
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