Dans cet épisode, la question centrale n’est donc pas d’abord celle de la mort ou de la survie de Lazare. La question essentielle est celle de l’identité de Jésus. Qui est-il vraiment pour oser dire : « Je suis la Résurrection et la Vie » ? La maladie de Lazare « ne mène pas à la mort ; elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle ». Autrement dit, ce qui se joue ici dépasse infiniment le destin d’un homme : c’est la révélation du mystère du Christ.
Lorsque Jésus ramène Lazare à la vie, il manifeste sa gloire, mais il déclenche aussi le processus qui le conduira à sa propre mort. Le miracle de Béthanie devient le signe annonciateur de sa Passion. En redonnant la vie à son ami, Jésus accepte d’entrer dans l’ombre de la mort. Mais cette mort sera sa glorification définitive : la Résurrection. Ainsi, de la maladie de Lazare à la Résurrection du Christ, se déploie un unique mouvement : celui du don total de Jésus, qui révèle sa mission en accomplissant le signe préfigurateur de sa Mort et de sa Résurrection dans la gloire du Père.
Dans l’Évangile selon saint Jean, la résurrection de Lazare marque la fin du ministère public de Jésus. Après ce signe, tout s’accélère : les autorités religieuses décident de le faire mourir, et Jésus entre dans les jours qui précèdent sa dernière Pâque. Il apparaît alors comme l’Agneau véritable, celui qui détruit notre mort par sa propre mort et qui nous rend la vie par sa Résurrection. Le passage de Lazare devient ainsi une porte d’entrée vers le mystère pascal.
La Résurrection de Jésus nous ouvre à une espérance nouvelle : celle d’une Pâque qui n’est plus seulement un souvenir, mais une réalité vivante. Elle ouvre nos tombeaux intérieurs, elle nous appelle à la Lumière, elle nous délie de tout ce qui nous retient captifs.
Père Éric-Félix KAZADI, vicaire
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