Les paroles de Jésus nous dépassent tellement. Souvent on nous confie : « C’est trop fort pour moi, je n’y arrive pas. » Il est bon d’être réaliste et d’en faire un tel constat, de réaliser que la Parole de Dieu nous dépasse et qu’elle est au-delà de nos forces, sinon nous sommes dans l’illusion. Mais le pire serait de ne plus réagir en l’écoutant et en la lisant. Oui, il nous faut accepter de reconnaître qu’il y a un véritable abîme entre ce que le Seigneur nous demande et ce que nous nous sentons pouvoir faire seuls.
Jésus par ses paroles invite à refuser d’entrer dans la spirale - hélas - naturelle de la vengeance qui ne mène - hélas - qu’à la violence et à la destruction parfois jusqu’au génocide. Comment sortir de tout cela ? Comment mettre en place une véritable justice pour éviter les règlements de compte ? Comment établir des peines qui permettent de vraies dissuasions et amorcent un chemin de réparation et de conversion ?
Enfin essayons dans les petites choses de répondre à la haine (ou à l’indifférence, à l’indélicatesse) par la bienveillance ou quelque chose qui y ressemble. Regardons notre crucifix ! Ecoutons Jésus sur la croix : « Père, pardonne-leur ! Ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Luc 23 v34). Ce n’est qu’en croisant le regard de Jésus crucifié pour nos péchés, regard de Jésus qui cherche le nôtre, regard de Dieu plein d’amour et de tendresse, que nous puiserons la force de pouvoir avancer sur le chemin du pardon. Alors avec, et seulement avec, la grâce de Dieu de découvrir l’amour de nos ennemis et le souci d’une justice réparatrice. Là se trouve le vrai secret de la paix intérieure et de la paix sociale.
N’hésitons pas, essayons ! Regardons le crucifix ! Écoutons le crucifié ! Il parle aux bourreaux et aux victimes ! Il me parle quand je suis bourreau ou quand je suis victime… Jésus est la seule vraie solution pour sortir de l’enfer qui commence trop souvent sur la terre.
Père Jean-Luc PAPET, curé
Crédit photo : Stefan Schweihofer (Pixabay)









