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… mais délivre-nous du mal (Matthieu 4, 1-11)

Pour l’évangéliste Matthieu, c’est clair : Jésus reprend à son compte l’itinéraire d’Israël dans le désert. Le peuple de Dieu y fut soumis à diverses épreuves qui l’ont conduit à refaire ses choix.

Ainsi le chef du nouvel Israël passe au travers des mêmes tentations. Les Hébreux préférèrent parfois les nourritures terrestres à la Parole du Seigneur, les idoles muettes au vrai Dieu, la facilité des miracles aux persévérances coûteuses. Au contraire, le Messie affermit sa fidélité lors de chaque proposition diabolique. Pour lui, la Parole du Père est plus précieuse que le pain, la confiance en Dieu est plus solide que toutes les fausses sécurités, l’adoration du Créateur l’emporte sur la domination politique de l’univers. De son désert, Jésus-Christ ressort confirmé dans sa mission et prêt à affronter le ministère itinérant du prédicateur évangélique. Telle est l’intention de Matthieu : montrer à sa communauté que le Messie fut plus fort que Satan, dès le départ et jusqu’à la croix. C’est pourquoi la victoire de Jésus sur le diable est l’annonce lointaine de la résurrection.

Cette page d’évangile est particulièrement actuelle. Nous sommes le peuple nouveau, l’Israël de Jésus-Christ, l’Église. Chrétiens, mais aussi pauvres pécheurs, nous sommes bien souvent désemparés dans la traversée de notre désert, écartelés entre les appels les plus contradictoires. Dans les tentations, nous n’avons qu’une seule ressource : nous cramponner au Christ qui tient bon au milieu de nos tempêtes.

Tentation de l’avoir. Posséder toujours plus, accumuler les richesses, avoir la rage d’empiler tout ce qui peut se ramasser. N’est-ce pas notre terrible tentation de capitalistes calfeutrés dans l’apparente honnêteté de notre prospérité ? Or, nous dit le Seigneur, « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». De quoi ai-je le plus faim en ce monde, d’argent qui peut me perdre ou de Parole qui doit me sauver ?

Tentation des facilités, celles du confort, du prestige, de la superficialité. Briller, en mettre plein la vue, paraître au lieu d’être. Qui n’a pas glissé sur cette pente savonneuse qui peut duper les hommes mais ne réussira jamais à tromper Dieu ? A nous qui misons sur le succès de nos mondanités, Jésus redit : cherche d’abord le Royaume de Dieu, et tout le reste te sera donné par surcroît.

Tentation du pouvoir qui veut dominer sur des cimetières, ceux des corps exploités, ceux des cœurs esseulés, ceux des esprits escroqués. Qui d’entre nous ne s’est jamais agenouillé devant sa propre idole avant de l’imposer aux autres comme un cadeau empoisonné ? Jésus est venu casser ces statues qui nous ressemblent terriblement et rétablir le culte du seul vrai Dieu dont il est dit que le servir, c’est régner.

Carême. Pourquoi ne pas y entrer par une liturgie de pénitence qui permette de retrouver la source de la vraie joie ? Se libérer pour vivre, n’est-ce pas briser ses faux-dieux ? Avec Jésus pour libérateur, c’est toujours possible, quelles que soient nos tentations. On ne va pas refuser la main qu’il nous tend.

Délivre-nous du mal.

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv