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Vivants pour mourir ?

Tout homme est mortel. C’est une vérité qui fait l’unanimité. Qui que nous soyons, nous allons vers la mort. Sur cette évidence, du moins, nous sommes tous d’accord. Mais comment interpréter ce point final qui nous enferme tous dans un égal destin ?

Pour certains, la mort est une délivrance fatale qui nous engloutit dans le néant. Mais alors à quoi sert de survivre, si le cadavre a déjà le dernier mot ? Inhumaine résignation ! Pour d’autres, mourir est une injuste tragédie. C’est pourquoi, la révolte est la seule lumière qui puisse protester contre cette terrible nuit. Mais personne ne peut nier que la mort sera finalement plus forte que nos cris. Alors, à quoi bon ? Pour d’autres encore, les grandes théories tentent de dissiper l’absurde suicidaire. C’est le salut par les majuscules. Humanité, Justice, Vie, Histoire, Avenir, autant de mythes dont l’allumette vient réchauffer de tièdes espérances qui se savent vaincues d’avance. On ne fait pas une éternité avec des clignotants intellectuels.

Et Dieu au milieu de tout cela ? Certains se contentent de vagues promesses religieuses. Sait-on jamais ? Si la divinité existe, elle se débrouillera pour retenir les bons sur la pente du gouffre. On verra bien. Et puis, voici le Christ. Il a d’abord planté sa croix au milieu de nous. Il connaît donc la mort par expérience personnelle, car il ne lui a pas suffi de disserter sur elle à coup de belles phrases dignes des meilleures oraisons funèbres. Du sang, des larmes, de la peur, il en a eu plein le corps jusqu’au dernier soupir.

Mais en lui la mort ne fut que l’avant-dernier mot. Dès lors, tout a changé au registre mortuaire, depuis un certain matin de printemps. Relisez l’évangile de ce dimanche, et vous comprendrez. La Vie en personne, la Résurrection en chair et en os, la victoire sur la mort dans les yeux d’un frère, c’est Jésus-Christ. A Lazare qui était mort, à sa famille et à ses amis qui le pleuraient, quelqu’un a osé dire sans pouvoir être démenti : «  Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il est mort, vivra.  » C’est la réponse de Dieu à l’unique interrogation sérieuse de l’humanité, celle que pose à chacun de nous le face à face avec la mort. Cette parole de Dieu n’est pas une espérance théorique, ni une promesse en l’air, ni une consolation facile en forme d’hypothétique compensation. Il est au milieu de nous, le mort revenu à la vie, Jésus de Nazareth.

Vrai ou pas vrai ? Les hommes n’en finiront jamais de se prononcer sur le Christ, comme les juifs qui discutaient autour du tombeau ouvert par lui à Béthanie. Pour ceux qui ont rencontré Jésus vivant – apôtre de la première aube et chrétiens d’aujourd’hui – la réponse est claire comme un matin de Pâques. Le Seigneur est ressuscité, c’est lui qui nous ressuscitera, car il est lui-même la Résurrection.

En attendant de mourir, il nous reste à vivre cela. Ceux qui regardent vers le Ressuscité ne peuvent plus mener une existence sans amour, sans espérance, sans joie partagée. Si tu devais mourir ce soir, comment voudrais-tu passer cette dernière journée, avant d’embrasser Dieu ?

Votre, curé, le Père Dominique Chéreau, sv