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Quand l’impossible devient nécessaire

« Jamais je ne te pardonnerai … Je n’arrive pas à pardonner … pas de pardon, c’est la loi de la jungle et de la société. » Qui d’entre nous n’a pas exprimé l’un ou l’autre de ces aveux qui en disent long sur notre capacité de vengeance ou de ressentiment.

Certains souffrent de ne pas pouvoir pardonner. Mais d’autres attisent leur haine pour perfectionner une revanche sans pitié au prochain contour de la vie. La société pardonne rarement. Il suffit d’entendre un ancien prisonnier parler de son casier judiciaire. Nos structures économiques et politiques s’unissent pour ne pas faire repasser le plat de la chance devant les faibles qui en auraient besoin pour se relever. Pas de confiance, pas de travail, pas de place pour celui qui a fauté.

En contraste, voici Jésus au milieu de sa communauté. Pierre cherchait un aménagement dans le tarif des pardons. En guise de réponse, le Christ pousse à l’extrême la logique de son amour. C’est le redoublement du don, la radicalisation du salut. Telle est l’indulgence de Dieu, toujours offerte, gratuitement, sans aucune lassitude dans la générosité. Reconnaissons-le, pour nous, tout commence dans ce premier pardon que le Seigneur est venu donner du haut de sa croix avec le prix de sa propre vie. Celui qui estime ne pas avoir besoin du pardon de Dieu ne comprendra jamais pourquoi il doit enterrer les offenses de ses frères. Riche de sa bonne conscience, il pense que tout lui est dû, et drapé dans sa justice, c’est lui qui distribue les points et les punitions au plus près de ses calculs. Le pauvre devant Dieu n’a jamais de quoi faire le malin. Il reconnaît qu’il existe par l’amour de son Père ; il sait qu’il est ressuscité par la puissance de son pardon. Il saisit par l’expérience que seul le cœur de Dieu, plus grand que son propre cœur, est capable de lui rendre la vie par la transfusion du sang de Jésus.

Alors monte la reconnaissance pour ce premier amour sauveur : répercuter la miséricorde dans ses relations avec les autres. Le don divin rejaillit en pardon humain. Pas d’une manière forcée, pas dans la grimace qui gâche tous les cadeaux, mais avec la joie sur le visage et la liberté de l’esprit. Être heureux de pouvoir pardonner, c’est-à-dire libérer, relever, ressusciter l’autre à grands coups d’amour gratuit et redoublé. Et brûler toutes les cendres dans l’incendie. Le pardon est la pierre de touche de la vie chrétienne. Il est souvent onéreux de pardonner, il est parfois impossible d’oublier. Mais puisque nous sommes les enfants de la tendresse du Père qui a coûté la croix de Jésus, nous ne pouvons pas nous dire chrétiens tant que nous nous crispons dans le refus de tendre la main, de faire les premiers pas, de tout noyer dans la victoire de la réconciliation. Ainsi dans une famille, dans une paroisse, dans une communauté religieuse. Si le pardon ne s’exerce pas au jour le jour, c’est la mort de l’esprit évangélique, c’est le commencement du pourrissement dans la rancune, c’est la source polluée de toutes les violences qui empoisonnent les relations humaines.

Avouons-le : nous avons tellement à nous faire pardonner par Dieu et par nos frères. N’allons donc pas nous priver de cette joie supérieure : pardonner à notre tour de tout notre cœur. Alors nous aurons progressé dans la vérité du Notre Père : « Pardonne-nous comme nous pardonnons aussi … » Quand cette impossible miséricorde sera devenue notre fête quotidienne, notre terre ressemblera un peu plus au Royaume de Dieu. Enfin !

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv