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Perdre pour gagner

« De nos jours, on n’ose plus parler de sacrifice. » Souvent, j’ai entendu cette plainte inquiète sur les lèvres de braves chrétiens éduqués dans le culte d’une croix qu’il fallait monnayer chaque jour dans le goutte à goutte de multiples sacrifices. Ceux que la vie impose, ceux que l’ascèse propose.

Il faut l’avouer : on a parfois exagéré dans la mystique de « la vallée de larmes » où seul le grain moulu par la souffrance pouvait avoir quelque chance de composer le pain du paradis. A tant de générosités dramatiques il manquait le rayonnement de la résurrection qui doit transfigurer dès maintenant toutes nos démarches humaines, et mêler à la pâte de ce que nous souffrons avec foi le levain de ce que nous offrons avec joie.

Pourtant, la dimension de la croix ne saurait être évacuée de notre expérience chrétienne, n’en déplaise aux propagandistes du seul épanouissement personnel dans l’anarchie du plaisir ou la spirale des ambitions. D’après ces prophètes de l’égoïsme le plus plat, pour réussir sa vie, il suffit de marcher sur les autres et d’oublier Dieu. Mais quelle félicité nous fabrique-t-on si la foi est chassée et l’amour absent ?

Aujourd’hui, le Christ nous remet sur le bon chemin d’un bonheur qui est notre authentique vocation. A condition de lui rendre la dimension de l’éternité et toutes les exigences de la charité.

C’est la foi qui nous impose le sacrifice. Il s’agit de suivre le Christ sur la route qu’il a empruntée en ouvrant devant nous l’itinéraire de la Pâque. Cette même foi nous assure que Dieu n’est pas un jaloux de notre joie, mais un complice de notre bonheur. Nous le savons : celui que nous sommes appelés à imiter dans l’offrande de nos inévitables croix, c’est le Ressuscité qui veut nous combler d’une béatitude infiniment plus profonde que nos désirs humains.

En même temps, c’est la charité qui nous demande le renoncement à nous-mêmes. Tant qu’on n’a pas souffert par amour, sait-on vraiment ce que veut dire aimer ? Il n’y a pas de bonheur gratuitement procuré et fraternellement partagé sans la lutte coûteuse contre nos égoïsmes et notre orgueil.

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv