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Marie la Croix

Pour de nombreux chrétiens, Marie est une femme extraordinaire tout auréolée de privilèges qui semblent l’avoir arrachée dès le départ à la condition humaine normale.

Pensez-donc : elle est l’Immaculée Conception, elle est la Mère de Dieu, elle est transfigurée par la gloire de l’Assomption. Autant de grâces exceptionnelles qui risquent de l’éloigner de nous si nous ne prenons pas le temps de méditer l’Évangile en respectant toutes les étapes qui l’ont conduite à la plus belle joie à travers des croix qui préfiguraient celles de son Fils.

Aujourd’hui l’Évangile nous présente Marie aux prises avec une souffrance morale d’autant plus profonde qu’elle dut demeurer silencieuse. La toute pure, la transparente, voici qu’elle se trouve enceinte avant de cohabiter avec Joseph. La plus innocente donne les apparences de la pécheresse. Jusque dans la conscience de Joseph, c’est la montée d’une terrible question. Sans pouvoir révéler un secret qui la déconcertait la première, Marie préféra s’en remettre à Dieu et lui abandonner tout, y compris l’honneur de sa chasteté apparemment bafouée.

Elle avait conçu du Saint Esprit, elle portait en son sein le Fils de Dieu, le Très-Haut l’avait couverte de son ombre. Mais quel contraste entre le mystère qui grandissait dans le silence de ses entrailles et la perplexité d’un époux dont l’amour devait lutter contre la suspicion. C’est dans ce contexte - Matthieu tient à nous le rappeler - que le Verbe de Dieu a pris chair en récompensant de sa divine présence la croix de méfiance que devait supporter sa sainte Mère, à cause de Lui, jusqu’à l’heure de l’Annonciation à Joseph.

Dans cette expérience de longue communion avec Lui par la prière et par le sang, elle anticipait en son cœur la passion du Christ innocent et participait d’avance aux épines de son ignominie. De même, dès le sein virginal de Marie, le Sauveur faisait déjà l’apprentissage de la sainteté dénigrée et crucifiée. Aux environs de Noël, Joseph a secouru Marie de sa foi en Dieu et de sa confiance en elle. Ainsi, plus tard, Marie aidera Jésus lui-même lorsqu’elle ne craindra pas de paraître au Golgotha comme la mère debout auprès d’un fils traîné au rang des assassins. La même innocence partagée, la même injustice supportée, la même gloire bientôt accordée.

A notre tour, nous pouvons communier à l’état d’une Marie suspecte, nous devons accompagner Jésus en sa justice persécutée. Voici une grande grâce : être capable d’offrir la souffrance injuste que d’autres nous infligent parfois. Tout remettre entre les mains de Dieu - l’offense, l’offenseur et l’offensé - comme Marie, comme Jésus - sans autre vengeance que celle de l’amour qui pardonne. Et pourquoi ne pas inclure concrètement dans notre solidarité de Noël ceux qui ont mauvaise réputation, ceux qu’on a l’habitude de juger ou d’exclure parce qu’ils ne sont pas à la hauteur (de quoi ? de qui ?) ? Les rencontrer, les inviter, leur montrer de l’amitié, voilà qui devrait faire partie de nos cadeaux de Noël.

En souvenir de Marie soupçonnée et par amour pour son Fils Jésus, l’innocent crucifié et ressuscité.

votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv