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Les rameaux de Madeleine


Pour les journalistes de Jérusalem, c’était une affaire en or. Bien orchestrée par des disciples dévoués, l’entrée de Jésus dans la ville messianique ne pouvait manquer d’être un succès populaire.

Chacun sait combien la foule - curieuse et opportuniste à la fois - se laisse facilement entraîner dans les ambiances de cortège. Pour rien au monde, elle n’aurait voulu rater la kermesse, en attendant d’acclamer le nouveau roi qui pointait à l’horizon de ses illusions. En toutes circonstances, il vaut mieux être du côté du plus fort, n’est-ce pas ?

D’ailleurs, ils en feront la démonstration un peu plus tard. Après l’arrestation de Jésus par les puissants en place, les disciples se disperseront comme des lapins honteux, et la foule changera la couleur de sa fièvre en demandant l’exécution de l’ex-messie. Ainsi tournent les cœurs comme des girouettes aux vents des modes et des pouvoirs lorsque la croyance est superficielle et la ferveur purement grégaire.

Nous sommes déconcertés par l’attitude des disciples qui lâchèrent complètement leur maître après l’avoir ovationné sans complexe. Nous nous demandons comment il est possible qu’un même peuple passe des hosannas aux cris de mort en l’espace de quelques jours. Mais franchement, est-ce si extraordinaire ? Ne sommes-nous pas bien placés pour comprendre les uns et les autres, nous qui faisons de même si souvent ?

Que de fois n’avons-nous pas confessé le nom du Christ – le dimanche à l’église par exemple - pour reculer aussitôt quand il s’agissait de ne pas le renier devant ceux qui rigolent de notre foi ou rejettent notre Eglise ? Si souvent, nous avons protesté de notre fidélité en imaginant que rien ne pourrait plus nous détourner de Dieu. Au moindre sacrifice exigé, au plus petit effort nécessaire, nous voici en train de nous préférer à Lui pour avoir la vie plus facile. Nos institutions elles-mêmes se vantent d’être chrétiennes quand souvent elles ne présentent qu’une façade fatiguée pour christianisme d’habitude ou de compromis.

Que faire alors ? Toujours recommencer avec celui qui pardonne et ré-accueille, même du haut de la croix, lorsque tout le monde l’a abandonné, quand il est devenu une proie sans défense pour la lance et les moqueries. Durant cette Semaine sainte, nous pouvons au moins imiter Marie-Madeleine, la pécheresse qui s’est faufilée au pied du gibet, cachée à l’ombre de Marie et de Jean, celle qui répercuta l’acclamation des Rameaux avec le silence de son amour et les larmes de son repentir : Béni sois-tu Seigneur, notre Roi. Amen, ont répondu les pierres qui attendaient l’écho de nos cœurs enfin repentis et amoureux.

Père Dominique Chéreau, curé