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Le sel et la lumière

Être présent au monde, participer pleinement à la construction de la société humaine : on sait combien ces préoccupations ont marqué les recherches du Concile Vatican II.

Les chrétiens, en effet, ne peuvent s’imaginer flottant entre ciel et terre sous prétexte d’échapper à la malice des temps. Vouloir fuir le monde, n’est-ce-pas plutôt avouer que l’on éprouve de la difficulté à se situer évangéliquement en lui ? Pour éviter la dure condition des témoins, nous nous réfugions dans l’absence dédaigneuse qui est l’une des formes subtiles du défaitisme des chrétiens. A ceux qui sont tentés de quitter la pleine page de l’histoire pour dessiner des bondieuseries dans les marges, le Seigneur redit : vous êtes dans le monde, je ne vous demande pas de vivre ailleurs, c’est là que vous avez reçu la divine mission d’être un sel entièrement diffusé.

Le sel n’est pas fait pour la salière. Sa tâche ne peut être accomplie qu’en pleine pâte, hardiment. Entassé comme un frileux qui se recroqueville pour subsister, le sel devient inutile et fade. Dissous dans les mets au point de disparaître en eux, le voilà qui donne saveur à toutes choses et prépare une fête pour les gourmets. Ainsi des chrétiens. Là où les hommes travaillent, souffrent, cherchent, bâtissent l’avenir, ils doivent y être, sans timidité et sans complexe. Rien de ce qui est humain ne peut les laisser indifférents. Hommes avec leurs frères, que les chrétiens soient présents partout, et le monde retrouvera le goût à la vie et le courage d’espérer.

Mais aujourd’hui, on connaît aussi les ravages d’une autre tentation, celle qui consiste à se calquer sur son milieu, à épouser la société telle qu’elle est, sans discernement et sans critique. Puisque tout le monde le pense, puisque ça se fait partout, les chrétiens suivent les modes des mentalités ambiantes. Ainsi du matérialisme consommateur, ainsi des turpitudes sexuelles, ainsi des injustices sociales. Par crainte d’être déphasé, taxé de rétrograde ou ridiculisé dans ses fidélités, le chrétien n’ose plus manifester sa foi dans le concret de sa vie.

Or, précisément Dieu nous a confié une lumière contestataire pour un monde qui, trop souvent, en est arrivé à chérir ses pires ténèbres. A ceux qui rougissent d’être différents, aux chrétiens qui s’apprêtent à devenir un résidu incolore ou inodore, le Christ rappelle : vous n’êtes pas du monde, vous êtes la lumière sur la montagne, éclairez sans orgueil, mais aussi sans mauvaise peur.

Être à la fois sel et lumière, c’est la vocation de tous les chrétiens. Le sommes-nous vraiment ? Comment ? De quoi nourrir une salutaire révision de vie. Ai-je pensé à m’engager, pendant le Carême à la mission porte-à-porte pour « allumer la paroisse du feu de l’amour de Dieu » ? Ou-bien me suis-je dit : les autres le feront à ma place ?

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv.