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Le Pardon divin

Qu’est-ce que le pardon divin ? Du roi David à la femme lavant les pieds du Christ de ses larmes, comment Dieu nous offre-t-Il sa miséricorde ?

On ne saisit pas tout de suite le lien qui rattache ce dimanche la première lecture à l’évangile : entre la pécheresse « aimante et pardonnée » lavant de ses larmes les pieds du Christ et le Roi David à qui Nathan le prophète est obligé de mettre les points sur les « i » pour qu’il reconnaisse sa faute, on ne voit pas bien le rapport. Et pourtant il existe, autour du thème du pardon divin, ou plutôt de la demande de pardon, plus ou moins implicite, que formule le pécheur. Celle-ci jaillit rarement du simple constat de nos fautes. Elle s’éveille au contraire lorsque nous découvrons les bontés du Seigneur à notre endroit. Nathan rappelle à David les faveurs dont Dieu l’a entouré et la pécheresse perçoit tout de suite, à l’accueil que lui fait Jésus, sa bienveillance, sa miséricorde et c’est ce qui l’encourage à ces gestes de tendresses qui sont autant d’appel à son pardon.

Le pardon, d’ailleurs, à y regarder de près n’est jamais le résultat de la démarche humaine, Dieu n’attend pas un certain poids d’humiliation et de repentir pour se tourner vers nous et revenir de sa colère. Pardonner, il l’a toujours fait, et dès le début. Mais ce qui manque à notre réconciliation avec lui, c’est nous, c’est notre retour aimant et confiant, c’est la conscience douloureuse de notre faute qui nous ouvre sa grâce. Pour y parvenir, il faut tout à la fois le rappel des exigences de Dieu qui nous montre l’écart entre notre vie et la sienne (c’est le rôle de la Loi et des commandements), et l’attestation de sa tendresse, le rappel de ses bienfaits et la certitude d’avoir été choisis par lui. C’est pourquoi on peut bien parler de « sacrement du pardon » pour désigner celui qu’on appelait jadis de pénitence, mais ce n’est qu’à moitié vrai : le pardon n’est pas le résultat du sacrement, il en serait plutôt la condition. Par contre ce qui en découle est bien l’absolution, c’est-à-dire, très exactement, le fait de voir ses liens tomber.

Là s’insère le message de l’apôtre Paul, qui parle d’expérience, « Personne ne devient juste en pratiquant la loi », ce qui ne veut pas dire qu’elle ne sert à rien. Elle nous révèle au moins notre faiblesse ; ce qui nous justifie, c’est « la foi au Christ » : accepter le pas énorme que Dieu a fait vers nous en nous envoyant son Fils, et accepter la guérison qu’Il nous propose. Telle est la merveille de notre réconciliation avec Dieu, où tout est don de sa part et où nous avons quand même notre rôle à jouer.

Père Michel Gitton