Privé

Adresse postale :
Paroisse NDBC, 140 rue
de Clignancourt
75018 PARIS

Téléphone :
01 46 06 35 41

Courriel :
contact@notredame
dubonconseil.fr

- La paroisse
- Les horaires
- La communauté
- Histoire
- Contactez-nous

La Fête-Dieu

Étrange Église ! Pourquoi donc nous propose-t-elle, au jour de la fête du Saint Sacrement, l’évangile de la multiplication des pains ? Saint Luc n’a-t-il pas rapporté en détail le récit de la Cène eucharistique au chapitre 22 de son Évangile ? Alors pourquoi préférer un miracle matériel au souvenir du don spirituel ?

Nous sommes encore trop cartésiens pour bien comprendre l’Évangile. Luc lui-même, dans la page qui raconte comment Jésus rassasia la foule épuisée, utilise les formules de la Cène pour décrire l’attitude du Messie : « Jésus leva les yeux au ciel, dit la bénédiction, rompit les pains et les donna aux disciples pour les distribuer à la foule … » Ainsi donc, en pensant au geste de compassion de Jésus pour ses auditeurs affamés, Luc n’a pu s’empêcher d’indiquer que le Christ évoquait déjà la Cène ; il annonçait l’Eucharistie en multipliant les pains.

De même, à l’autre bout de son Évangile, Luc relate l’institution de l’Eucharistie en la décrivant comme insérée dans le repas fraternel de la Pâque. Avant de rompre le pain consacré, avant de faire passer la coupe de la nouvelle alliance, Jésus mange et boit avec ses amis en prenant le temps de fêter dans le cadre de la liturgie juive. La Cène ne peut être détachée de cette rencontre – à la fois intime et solennelle – au cours de laquelle Jésus a célébré l’au-revoir avec sa communauté.

Il y a un va-et-vient entre l’Eucharistie et le repas des hommes, il y a un lien profond entre le Pain de Dieu et la nourriture des foules. N’allons pas séparer ce que Jésus lui-même a réuni. A toute messe, le prêtre rend grâce d’abord pour le pain et le vin, « fruit de la terre et du travail des hommes ». A la fin de toute célébration, le Seigneur nous renvoie vers les pauvres pour leur apporter l’amour qui ne peut jamais se résigner à les voir affamés et misérables. Le partage eucharistique appelle le partage des biens entre frères. Les premiers chrétiens avaient compris cela. L’Eucharistie les poussa à tout mettre en commun de sorte que personne ne soit plus dans le besoin. Ils étaient plus cohérents que nous.

Les Chrétiens devraient comprendre que leurs efforts pour partager le pain, pour améliorer la vie, pour changer la société ne sont pas une distraction qui les détourne de l’adoration, mais bien plutôt une conséquence logique du mystère du salut que le Seigneur continue de célébrer avec eux en se donnant dans l’Eucharistie.

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv