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LA MORT TUÉE PAR L’AMOUR


Homme, mon frère, rappelle-toi. Jusqu’à ce matin-là, c’est elle qui avait toujours raison, c’est elle qui avait le dernier mot. Elle : la mort ! Jusqu’au Vendredi saint, elle a gagné toutes les batailles. A l’aube de Pâques, elle a perdu la guerre définitivement. A toi de choisir maintenant : la mort ou la vie ?

Si Jésus n’était pas ressuscité … Tout continuerait, comme avant, avec la litanie de nos espérances enterrées, avec le cortège de toutes les morts – jeunes ou vieilles – qui ricanent sur nos cimetières.

Qu’est-ce que la vie si elle finit toujours par tomber dans le néant comme un fruit pourri s’écrase au pied de l’arbre promis à une prochaine extirpation ? Qu’est-ce que l’homme si tous ses efforts pour vivre heureux n’aboutissent qu’à entretenir l’illusion de bonheurs toujours démentis par l’inexorable trépas ? Qu’est-ce que l’amour, au goût si fort d’éternité, si tous les coups de foudre vont s’éteindre dans la tombe qui sépare et engloutit ? Qu’est-ce que cet univers traversé de tant de beauté – dans la nature et dans l’art – si la nuit dévore tous les soleils, si même Fra Angelico devra un jour s’effacer sur les murs du couvent de Saint-Marc ? Passer sa vie à faire semblant d’oublier la mort omniprésente, est-ce une distraction digne d’un homme qui ne peut s’empêcher d’aspirer à l’éternité quand même il se cogne chaque jour à toutes les finitudes ? Il y a des jeux tristes, mais celui de l’existence est simplement absurde et désespérant … si le Christ n’est pas ressuscité !

Calme matin de Jérusalem au printemps de Palestine, une pierre qui roule, un tombeau s’est ouvert dans la nuit et le soleil vient du cœur même de la terre. Dans un immense silence, tout est dit en un instant. Tout est changé, mais les hommes ne le savent pas encore ; tout est transfiguré, mais il faudra la multitude des siècles pour comprendre et accueillir le cadeau. Il était mort, bien mort, comme nous mourons tous, et pire encore. On l’avait suspendu à la croix avec un coup de lance pour qu’il ait bien son compte.

Mais c’était sans compter avec l’amour du Père. Pour lui son Fils, pour nous ses enfants, il l’a ressuscité. Depuis que Jésus a décidé de jouer cœur sur la croix, personne ne peut résister à l’atout divin : c’est la résurrection, c’est la vie que nulle mort ne peut plus vaincre.

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv.