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L’avocat d’un procès sans fin

De savants juristes l’ont examiné à la loupe. Des auteurs de théâtre ont tenté de le reproduire sur scène. Le procès de Jésus n’en finira jamais de défrayer la chronique de l’histoire, tellement ce condamné à mort n’est pas comme les autres depuis qu’il est ressuscité.

En réalité, le procès de Jésus continue jusqu’à la fin des temps à travers les épreuves de ceux qui croient en lui et se réclament de sa Pâque pour vivre autrement, en révolutionnaires de l’amour. Voilà qui est bien plus actuel que toutes les reconstitutions juridiques à l’arrière-goût de réchauffé. Car si – comme Jésus nous le promet dans l’évangile de ce dimanche – nous vivons en lui et lui en nous, alors le théâtre de son jugement s’est étendu à l’horizon du monde dans lequel les chrétiens essaient de témoigner pour son nom. C’est dans l’Église de chaque jour, c’est dans notre vie de chrétiens exposés que se joue encore le même drame, à savoir la mise en accusation du Seigneur, sa condamnation à mourir, son sacrifice offert pour ceux-là mêmes qui le jugent.

Pas besoin d’aller dans les pays de persécution ouverte pour vérifier la croix d’un tel procès. Sous mille formes variées, c’est toujours le même refus qui se dresse contre l’Évangile et ceux qui osent encore le proclamer en paroles et en actes. L’indifférence et la subtile moquerie de l’Occident matérialiste ne sont-elles pas comparables aux tracasseries et aux entraves que subissent les chrétiens d’Orient ? D’ailleurs finalement, c’est en chacun de nous que le tribunal s’érige encore pour condamner Jésus chaque fois que nous le faisons passer après notre égoïsme, notre confort douillet, notre volonté d’inventer un Dieu qui nous fiche la paix. Refuser de s’engager concrètement pour le Christ, mettre un bâillon sur sa Parole contestataire, n’est-ce pas lui préparer une nouvelle croix dans nos existences soi-disant chrétiennes ? Au procès quotidien de Jésus, personne n’est innocent. Ni moi ni vous.

Mais lui n’est pas seul. L’Église non plus, et aucun des chrétiens qui courent le risque d’être cohérents avec leur foi quoi qu’il en coûte. Le Paraclet, le défenseur est là. Il veillait au cœur de Jésus durant toute sa passion ; il accompagne l’Église en tous les prétoires où elle doit se présenter abandonnée de tous ; il soutient les fidèles soumis aux rudes ou sournoises pressions d’une société qui en veut toujours au maudit Ressuscité.

Tel est l’Esprit que nous révèle Jésus au moment même où il s’avance librement vers la croix comme le premier d’une multitude de persécutés. C’est bien ce même Esprit dont nous avons plus que jamais besoin dans le formidable procès qui traîne l’Église au tribunal de tous les rejets. Le Christ a prié le Père de nous l’envoyer. Nous savons qu’il ne manquera jamais à l’Épouse qu’il s’est choisie malgré son indignité. Mais – ne l’oublions pas – cet Esprit de vérité habite aussi notre cœur si nous voulons bien l’accueillir, même et surtout lorsqu’il défend le Christ et son Évangile contre toutes nos tentatives de les liquider en douce, par l’oubli, le compromis, le secret abandon.

Bienvenue donc à cet hôte turbulent et pourtant nécessaire, Avocat divin qui vient nous sauver de la mort en plaidant en nous pour Jésus le Vivant.

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv