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« Je suis le pain vivant »

Le Seigneur Jésus parle ici de sa mort sur la croix. Rien n’est plus central dans notre foi que l’offrande que Jésus fait de lui-même par amour. Et ce faisant, il nous invite à la communion avec ce don : «  Si vous ne mangez pas la chair du fils de l’homme vous n’aurez pas la vie en vous.  »

La communion au sacrifice de louange que Jésus offre à son Père dans l’offrande de la croix poursuit un but bien précis. Il s’agit pour nous de consentir à accepter dans la foi le don de vie que Dieu nous fait dans la création et que nous avons refusé par le péché. C’est bien en mangeant du fruit de l’arbre interdit qu’Adam et Ève ont brisé l’alliance. Bien plus, en rejetant la faute sur Dieu, sur la femme ou sur le serpent, ils ont manifesté brutalement leur refus. Ni la vie, ni la liberté, qui constituent en nous l’image de Dieu, n’ont été acceptées, mais dans un repli suffisant, ils ont tenu pour négligeables les dons de Dieu. Bien plus, ce faisant, ils ont même refusé de demander le pardon qui leur aurait été pourtant accordé.

Le chemin ouvert par le Christ pour nous rétablir dans l’alliance avec le Père nous demande donc la foi, mais aussi l’espérance, puisque la communion à la chair du Fils de l’homme est l’expression du désir de la vie éternelle. Jésus nous sollicite au-delà de ce qui est raisonnable, puisque la faute originelle est elle-même déraisonnable. D’une certaine façon, la communion eucharistique est l’acte de foi qui sollicite le plus notre liberté, puisque nous croyons que la personne divine de Jésus dans son mystère pascal est tout entière contenue dans le pain et le vin consacrés. La foi n’est donc pas seulement un défi à la raison qui placerait le mystère avant la réalité concrète. C’est surtout et peut-être d’abord un acte de la volonté qui répond à l’invitation du Seigneur. Puisque sur la croix, le Seigneur a obtenu le pardon qu’Adam a refusé de demander : «  Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font  », alors nous rentrons dans chaque communion eucharistique dans l’offrande du Fils qui rétablit le chemin conduisant vers le Père.

Avec la foi et l’espérance, notre charité aussi est sollicitée. Comment en effet, entrer pleinement dans le sacrifice du Christ par la foi et l’espérance si notre vie concrète ne manifeste pas déjà notre entrée dans la vie retrouvée ? Dans la foi, nous recevons l’eucharistie, comme les Hébreux recevaient chaque jour la manne. Dans l’espérance, nous sommes déjà rétablis dans la communion avec le Père. Dans la charité, nous exprimons concrètement la victoire du Christ sur le péché et la mort.

L’eucharistie est donc bien pour nous aujourd’hui un aliment de salut, non seulement pour guérir de la désobéissance originelle, mais plus encore pour faire entrer avec le Christ dans la plénitude de la vie, au-delà de la croix.

Abbé Martin Roussel