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Il faut être réaliste


Au peuple en attente, Jean-Baptiste annonçait la Bonne Nouvelle, celle qui concerne le Royaume de Dieu présent dans la personne de Jésus, le Messie.

C’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint et dans le feu pour la vie éternelle. On peut transformer ces explosifs évangéliques en gargarismes théologiques, de sorte que la Parole de Dieu elle-même finisse par ne déranger plus personne. Mais il s’est aussi trouvé des braves gens pour mordre à la prédication enflammée de Jean au point de souhaiter – les imprudents - que la conversion du cœur ait des conséquences pratiques dans leur vie personnelle et collective. A celui qui les a mis sens dessus dessous par son ardent témoignage, les voilà qui demandent maintenant : que devons-nous faire ? Naïveté ou sainteté ? Contrairement à nous , ces nouveaux croyants s’imaginent qu’un converti ne peut se contenter de mieux penser que les autres, du moment qu’il possède la vérité. Ils réclament du concret, comme on dit aujourd’hui.

Ils seront servis. Car le prophète n’est pas disposé à les renvoyer dans l’azur des belles théories pour contemplatifs de salons bénis. Il est un grand réaliste. C’est dans le banal de la vie que la Bonne Nouvelle du Royaume doit s’enraciner, grandir et porter du fruit. Un message qui n’ébrèche pas le réel, une prédication qui ne cherche pas à bouleverser les comportements quotidiens ne peuvent revendiquer le label évangélique.

Tout cela, aujourd’hui encore, mène bien plus loin que nous ne voudrions aller. A ceux qui ont deux vêtements, Jean-Baptiste demande d’en offrir un, tant que certains frères seront dénudés par la misère. A l’heure des cadeaux, avons-nous fait l’inventaire évangélique de nos garde-robes ? Et de même pour le boire et le manger, au moment de confectionner les menus de fête, si d’autres dans le monde ont faim et soif ? Que celui qui ramasse les impôts s’acquitte de sa tâche en toute justice. Que les soldats ne fassent violence à personne. Et ainsi de suite. Il était fatal qu’on ne supportât pas longtemps une prédication aussi « engagée ».
Promouvoir des rapports humains basés sur le partage, la justice social, le respect de toute personne, c’est un témoignage exigé par notre foi, c’est un service contestataire dont notre société a le plus grand besoin, elle qui étale tant d’injustices, de violences et de haine.

Votre curé, le Père Chéreau Dominique, sv