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Entre la fièvre et le sommeil

Nous sommes parfois surpris par l’ambiance de certaines pages du Nouveau Testament qui révèlent des communautés chrétiennes en pleine attente fébrile d’un Seigneur qui devait revenir d’un moment à l’autre.

C’est vrai, pendant longtemps, les premiers chrétiens ont été entraînés dans l’effervescence messianique qui agitait les milieux religieux de leur époque. La fin du monde était proche. A l’horizon de la journée pouvait surgir inopinément le Messie glorieux qui emporterait cette terre dans le feu de son Royaume. Dès lors, la vie chrétienne ici-bas était toute provisoire, tendue vers l’avènement du Christ, entièrement polarisée par l’imminence de sa re-venue, très bientôt.

Peu à peu, les chrétiens ont appris à mieux interpréter les promesses de Jésus. Si le Seigneur peut réapparaître à tout instant, comme un voleur qui surprendra le monde, rien n’assure que ce retour éclatera à bref délai. D’ailleurs le secret du Père est bien gardé et personne ne peut prétendre en savoir plus que Jésus lui-même sur l’issue de notre histoire. Les spéculateurs sur la fin du monde doivent aller se rhabiller en vue de travailler patiemment dans notre société au lieu de provoquer le frisson avec leurs calendriers soi-disant inspirés.

Pourtant, un chrétien qui ne désire plus rien ou n’attend plus personne est un homme amputé de son véritable avenir. Il est encore dans sa prison. Il n’est pas entré dans le dynamisme de l’Esprit. Peu importent le jour et l’heure. Il n’en reste pas moins vrai que nous sommes les fils d’un peuple en espérance, des enfants qui ont au cœur la hâte du Royaume à venir. Jésus revient, et ça change tout dans une vie. Ce monde ne devient pas insignifiant pour autant, du moment que nous demeurons en lui aussi longtemps que le Seigneur le voudra. Mais notre univers, si fascinant qu’il soit, est entièrement relatif au Règne de celui qui reviendra bientôt pour tout absorber dans son Corps.

Trop de chrétiens sont ici-bas comme dans une salle d’attente en train de passer leur ennui en jouant aux cartes ou en somnolant dans leur fauteuil. «  Tenez-vous prêts, nous redit Jésus, car c’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’Homme viendra.  » Les croyants sont des éveillés, des vigilants. Sans fièvre qui panique, sans léthargie qui embourgeoise. Ils savent qu’avec Jésus le futur est déjà une route et que notre éternité peut faire irruption incessamment. Pourvu qu’à ce moment-là, nous soyons trouvés réveillés par la prière et occupé dans les mille besognes de la charité fraternelle. Plus de crainte pour ceux qui comptent sur la surprise de Dieu. L’Avent nous rappelle les dimensions de notre espérance. Au lieu de rêver à un Bethléem révolu, nous ferions mieux de redire avec l’impatience d’un immense désir : que ton règne vienne !

Dis-mois qui tu attends, et je te dirai qui tu es.

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv