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Au pain et à l’eau …

Le pain et l’eau sont au menu de l’Évangile de ce dimanche. Un pauvre repas de Carême, ou bien davantage ?

Rassurez-vous. Je ne vous suggère pas la recette infaillible pour réussir votre cure d’amaigrissement ni ne vous indique la meilleure manière de jeûner pour que votre Carême cesse d’être un pieux bavardage entre repus. Maigrir est parfois un devoir, le jeûne reste un excellent exercice de spiritualité et de partage. Mais ce que le Christ veut nous dire dans l’Évangile de ce jour va beaucoup plus loin. Du pain et de l’eau, c’est le menu que Jésus propose à ses amis. Pas pour nous éviter les médecins, mais pour nous conduire à la vie éternelle.

L’eau d’abord. Après une matinée de marche et de prédication, Jésus est fatigué. Au bord du puits de Jacob, il vient se reposer et se rafraîchir. Une femme arrive pour puiser de l’eau. C’est le début d’une merveilleuse aventure intérieure. Quelle est l’eau dont ils ont soif ? Quelle source est indispensable pour vivre ? Selon la Samaritaine – qui a mille peines à dépasser ses préoccupations ménagères – il s’agit de l’eau du puits, celle qui a désaltéré bêtes et gens depuis des siècles, celle qui abreuve et qui lave, tout simplement. Jésus aussi a soif de cette eau-là, car il est un homme comme les autres. Mais il devine au cœur de cette femme un immense désert secret, desséché par une existence de superficialité et de consommation en tous genres. A l’image de tant de nos vies. Il veut lui ouvrir les sources de la grâce pour transformer sa terre aride en un jardin de fleurs au point qu’elle devienne, malgré son lourd passé de pécheresse, une invitation à la sainteté pour les autres.

L’eau qui féconde pour l’éternité, c’est du Christ qu’elle jaillit. Son nom est l’Esprit-Saint. Voilà la fontaine de la vie qui a régénéré la femme de Sychar en Samarie. Or, Jésus ne cesse de convier son Église à boire de cette eau-là. Baptême, renouveau dans l’Esprit, ministères et apostolats de toutes sortes : ces mets sont encore au menu de l’Église pourvu que nous reconnaissions notre vraie soif de Dieu, et que nous accueillions l’authentique boisson que Jésus nous redonne chaque jour au bord du puits de notre vie.

Que font les disciples pendant ce temps-là ? Ils sont partis au village en quête de pain et de provisions. Mais quelle surprise au retour : Jésus refuse de manger. Il leur parle d’un autre aliment peu compréhensible à l’heure de midi quand l’estomac crie au creux de leur corps. Pour le Messie, la seule nourriture, c’est de faire la volonté du Père et d’accomplir son œuvre. On devine les apôtres déconcertés devant des vivres bien trop spirituels pour eux. En réalité, Jésus veut les rendre attentifs à l’essentiel qui fait vivre. Non pas la pure satisfaction des besoins primaires qui nous rendent esclaves lorsqu’ils deviennent obsédants. Mais le regard et le cœur tournés vers Dieu, notre racine, notre chemin, notre avenir et notre Tout.

Jésus explicitera un peu plus tard quel est ce dessein du Père sur lui. C’est qu’il devienne lui-même nourriture des hommes comme pain vivant descendu du ciel. Par l’Eucharistie, le Seigneur nourrit son peuple. Tel est le pain qu’il veut partager chaque jour sur la table de l’Église, un aliment qui contient toutes les saveurs. Sans lui, nous tombons d’anémie spirituelle. Avec lui, rien ne nous manque.

Le pain de l’Eucharistie, l’eau de l’Esprit. Voilà le menu évangélique inscrit à la carte de l’Église pour chacun de nous. Si nous n’avons aucun appétit pour un tel festin, c’est que nous sommes en train de mourir. Il est temps que le Seigneur nous ressuscite avec lui. Surtout pendant le Carême, on doit se souhaiter : bon appétit … de Pâques.

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv