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Au-delà de l’angoisse

Il y a des expressions qui peuvent définir une époque. Nous sommes à l’ère de l’angoisse.

Partout, c’est la peur. L’avenir inquiète les gens. La pollution, l’atome, la surpopulation, le chômage, la violence, tout contribue à augmenter la déprime, y compris les problèmes que rencontrent les croyants. Ne vit-on pas des chrétiens céder à la panique et prendre des mines d’apocalypse pour déclarer que rien ne va plus dans l’Église ?

Invincible optimiste à quelques heures de la croix, voici Jésus qui vient lui-même remonter le moral de ses disciples. «  Ne soyez pas bouleversés. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.  » A ses amis angoissés par la perspective de se retrouver seuls au cœur d’un formidable combat, Jésus demande de tourner le regard dans une unique direction : la maison du Père où Dieu nous attend pour le partage éternel. Qui que nous soyons, nous avons déjà une demeure préparée par la délicatesse de l’amour infini. Pour un chrétien, l’horizon ne peut jamais être bouché ou désespérant. Le dernier mot appartient d’ores et déjà à la joie victorieuse puisque notre place est réservée dans les cieux auprès du Seigneur ressuscité. «  Je reviendrai vous prendre avec moi. Et là où je suis, vous y serez aussi.  »

Mais Jésus ne nous donne pas seulement le rendez-vous lointain du Royaume de Dieu pour le jour de notre naissance au Paradis. Car Dieu n’est pas un paternaliste qui invite du sommet de sa majesté. Il n’aime pas en théorie du bout du ciel ou du fond des nuages. C’est déjà maintenant, c’est déjà ici-bas qu’il vient lui-même apporter la vie et susciter la joie pour chasser toute angoisse. Telle est la présence de Dieu dans le Christ : elle réalise en anticipation dans l’Église ce que le Père achèvera parfaitement en sa maison définitive. «  Dès maintenant, vous me connaissez, dit Jésus, donc vous avez vu le Père, car je suis dans le Père et le Père est en moi.  » Voilà la merveilleuse surprise. Le paradis, ce n’est pas un sucre promis pour des éternités qui chanteront plus tard. C’est bien plutôt l’éclosion d’une communication que nous sommes appelés à expérimenter dès cette vie par la fréquentation de Jésus qui nous fait demeurer dans le Père avec lui. En vérité, le ciel sera l’explosion de la terre, comme la rose éclate sous le soleil à partir de l’espérance qu’est le bourgeon.

Entre les deux, quel est le chemin ? Il n’est pas une méthode ascétique, ni une performance morale, ni une évasion mystique. La route qui relie la terre au ciel, c’est quelqu’un, c’est toujours le même. Celui qui nous habite déjà, celui qui nous accueillera au dernier jour, c’est encore lui qui nous donne le bras durant toute la traversée de l’existence. «  Moi, je suis le chemin, la vérité, la vie.  » Concrètement, la Parole et l’Eucharistie sont deux mains de lumière qui nous gardent sur la voie. Sans elles, à coup sûr, nous allons trébucher et tomber dans les ravins du mal, au risque de nous perdre. Avec la Bible et avec le Pain, dans le coude à coude de l’Église, nous pouvons marcher avec confiance.

Cessons d’avoir peur puisque, avec Jésus, rien ne nous manque.

Votre curé, le Père Dominique Chéreau, sv