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Appel à la mission

L’adoration des mages n’est pas un récit sans arrière-pensée. Pour Matthieu – le seul évangéliste qui raconte l’évènement – la venue des notables orientaux préfigure la vocation universelle de l’Évangile.

Puisque les chefs en place à Jérusalem ont rejeté le Messie, ce sont les nations païennes qui vont l’accueillir. Déjà au début de la vie du Christ se manifeste la puissance missionnaire de l’Alliance nouvelle qui doit partir à la conquête du monde entier. D’ailleurs à l’autre bout de son Évangile, le même apôtre notera l’ordre ultime du Ressuscité : «  Allez, de toutes les nations faites des disciples  ». Ils étaient déjà à la crèche, ces peuples lointains représentés par d’étranges personnages au parfum d’exotisme.

L’Évangile est donc destiné à tous les hommes parce qu’ils sont tous également aimés de Dieu dans le Christ. Pourquoi seraient-ils exclus a priori du partage chrétien qui doit leur révéler le visage du vrai Dieu que Jésus est venu nous faire connaître au prix de sa croix ? L’Église est donc en voie d’universalité toujours plus parfaite. Son message, écho de celui du Christ, doit parvenir jusqu’aux confins de la terre. Sinon, elle deviendrait une petite société provinciale repliée sur elle-même, un club de privilégiés muets devant Dieu et sourds aux besoins des autres.

Or, reconnaissons-le, ces vérités si évidentes pour les évangélistes sont devenues problématiques. C’est vrai : l’action missionnaire de l’Église traîne derrière elle un certain contentieux. A côté de pages fulgurantes de charité et de sainteté, il y eut des chapitres contestables. Mais la révision de vie sur la manière d’évangéliser ou de faire du prosélytisme de mauvais aloi ne saurait aboutir aux complexes de la honte ni à la démission. Ou alors nous serions devenus des tièdes et des lâches sous prétexte de tolérance et de liberté.

La foi est toujours un engagement personnel, l’Évangile est une immense grâce, chaque chrétien est par définition un serviteur de l’évangélisation. Il faut tenir ces trois composantes d’une mission plus que jamais actuelle. Respecter l’autre, c’est à la foi partager avec lui la suprême lumière qui pourrait le libérer et en même temps savoir que la décision finale n’appartient qu’au dialogue mystérieux entre sa conscience et son Dieu. Mais se taire ou se cacher quand on a le bonheur de rencontrer le Christ, c’est exactement le contraire de l’amour de l’autre. Comment ne pas souhaiter activement que chaque homme connaisse le Seigneur si pour moi le Seigneur est – par grâce évidemment – le frère et le Tout de ma vie ? Désirer le meilleur pour mon prochain, c’est l’aider à fréquenter Jésus.

Pourquoi les chrétiens ont-ils peur d’évangéliser au moment même où toutes sortes de sectes redoublent d’efforts dans leur propagande souvent délirante ? Le Christ n’est-il plus notre soleil de vie ? Sommes-nous à ce point handicapés par nos incohérences personnelles ou celles de l’Église ? La longue route des mages, leur recherche persévérante, leurs efforts pour aller jusqu’au bout de l’appel, leur don d’eux-mêmes signifié par de somptueux cadeaux, tout cela devrait redonner l’humble audace de proclamer l’Évangile jusqu’au bout du monde. Alors, frères et sœurs, j’embauche pour la mission porte-à-porte du Carême prochain.

Votre curé, le Père Chéreau Dominique, sv